Greluche : un regard documentaire reconnu à Fantasia

Dernière mise à jour : il y a 15 heures

Certains projets prennent leur forme au fil des années. Greluche, le court métrage documentaire de Daphnée Côté-Hallé, fait partie de ces aventures. J’y ai contribué à la direction de la photographie, un travail crédité avec Raphaël Ouellet. En juillet 2025, cette collaboration a reçu une mention spéciale à Fantasia, dans la catégorie du Prix Royal Photo de la meilleure direction photo d’un court métrage.
Le film part d’une relation très personnelle : celle de Daphnée avec sa mère, Isabelle Côté, dont Greluche est le personnage de clown. À l’approche de la retraite, cette femme garde une place immense pour l’imaginaire et le jeu. Le documentaire cherche à comprendre ce qui unit la personne et son personnage, et ce qu’une fille reçoit de l’univers singulier de sa mère.
Pour moi, contribuer à l’image d’un tel portrait, c’est accompagner un regard. La caméra participe à la rencontre, mais elle doit aussi laisser vivre la personne filmée. Le cadre, la distance et la lumière deviennent des façons de soutenir le récit de la réalisatrice et de donner une présence à ce qu’elle souhaite partager.
Ce projet rappelle aussi le temps que demande parfois le documentaire. Le film a été tourné sur une période de cinq ans. Dans son invitation à une projection privée en septembre 2024, Daphnée évoquait six années de travail et de détours pour mener son premier court métrage jusqu’au bout. Ces deux repères racontent des étapes différentes d’une même aventure : le temps des images, puis celui de la création du film.
Mes archives gardent également une trace du projet dès 2018, puis des captures du film en 2020. Retrouver ces éléments permet de mesurer le chemin entre les premières étapes et la rencontre avec le public. Greluche a ensuite été présenté à Fantasia en juillet 2025, où le travail à l’image a été souligné dans le palmarès.
Cette mention spéciale me touche parce qu’elle porte sur une contribution collective, au service d’un film profondément personnel. Elle relie le travail de Daphnée, la présence d’Isabelle et les regards qui ont accompagné l’image. C’est un beau souvenir de cinéma indépendant : un projet qui a pris son temps, conservé sa singularité et trouvé sa place devant les spectateurs.


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